Chauffer un bâtiment industriel n'a presque rien de commun avec le chauffage d'un logement. Les volumes sont grands, les hauteurs importantes, les portes s'ouvrent en permanence, et l'occupation est concentrée sur quelques zones. Le problème n'est pas de chauffer l'air, c'est de chauffer les gens et les postes de travail.
Le problème de la hauteur
L'air chaud monte. Dans un bâtiment de dix mètres sous plafond, un chauffage à air pulsé peut créer un écart de dix degrés entre le sol et la toiture : on chauffe la charpente pendant que les opérateurs ont froid. Cette stratification est le premier poste de gaspillage des bâtiments industriels.
Deux réponses. Les destratificateurs, ventilateurs placés en hauteur qui renvoient l'air chaud vers le bas — un investissement modeste au rendement immédiat. Et surtout le choix d'un chauffage par rayonnement, qui ne chauffe pas l'air du tout.
L'air pulsé : les aérothermes

Un aérotherme fait passer l'air sur un échangeur — brûleur gaz, batterie eau chaude, ou résistances électriques — et le souffle dans le local. Il monte vite en température, coûte peu à l'achat, et se déplace facilement.
Ses limites sont connues : stratification, courants d'air, brassage des poussières, et inefficacité dès qu'une porte reste ouverte. Il convient aux locaux bien fermés et de hauteur modérée, et aux besoins temporaires.
Le rayonnement : tubes et panneaux radiants
Un tube radiant à gaz chauffe une surface métallique qui rayonne vers le bas ; un panneau radiant fonctionne sur le même principe à basse température, alimenté en eau chaude. Le rayonnement traverse l'air sans le chauffer et réchauffe directement les corps, les sols et les machines.
C'est la solution la plus adaptée aux grandes hauteurs, aux locaux à portes fréquemment ouvertes, et au chauffage de zone : on chauffe le poste de travail, pas l'entrepôt entier. La sensation de confort est obtenue à une température d'air inférieure de trois à quatre degrés, ce qui se traduit directement en consommation.
Le chauffage mobile et de chantier
Les besoins temporaires — un atelier utilisé quelques semaines, un chantier en hiver, un séchage de peinture — appellent des appareils mobiles : générateurs d'air chaud au fioul ou au gaz, à combustion directe ou indirecte.
La distinction entre les deux est une question de sécurité, pas de confort. Un appareil à combustion directe rejette ses produits de combustion dans le local : il exige une ventilation permanente et abondante, et il est proscrit dans un espace confiné occupé. Un appareil à combustion indirecte évacue ses fumées par un conduit et se prête aux locaux occupés. Un détecteur de monoxyde de carbone est indispensable dans les deux cas.
Ce qui compte avant l'appareil
Trois interventions sur le bâtiment donnent souvent plus que le changement de générateur. L'isolation de la toiture d'abord, par où part l'essentiel de la chaleur d'un bâtiment industriel. Le traitement des ouvertures ensuite : sas, portes rapides, rideaux d'air chaud aux quais de chargement. Et le zonage enfin, qui consiste à ne chauffer que les zones occupées, avec des consignes et des horaires distincts.
Une régulation par zone, avec des sondes réellement placées à hauteur d'homme et non sous la toiture, est le complément indispensable. Beaucoup d'installations industrielles fonctionnent avec des sondes mal placées, et personne ne s'en aperçoit.
